AU MOYEN-AGE...

Au Moyen Age, les faveurs royales attribuaient la terre ou fief à des hommes ayant servi avec droiture et fidélité. Les fiefs étaient transmis par héritage, par alliance, par donation ou cession à une abbaye ou une autre famille. Les grands domaines étaient confiés à des « grangers » chargés de la gestion d’une ou plusieurs exploitations, d’où le nom donné à certains lieux de la commune : la grange des bois, la grange Jobin…
Parmi les habitations modestes figurent « les grands couverts » : une ossature en bois de grande dimension recouverte d’un toit de tuiles à quatre faces dont une petite en auvent au dessus de la porte cochère avec murs en pisé. A l’intérieur : l’habitation, l’étable, l’atelier, la cave et au centre l’aire à battre… le pressoir et la cuve ! Modifiés, il en reste encore à ST NIZIER.
Dans le même temps, voulant s’éloigner du bruit et des nuisances de la ville, les notables de CHARLIEU ont installé leur « villégiature » au milieu des vignes appréciant le bon air et le calme. Des maisons cossues s’édifièrent amenant de nouvelles ressources pour la population, tandis que les anciennes « maisons-fortes » s’aménageaient avec plus de confort. Les guerres ébranlèrent le système féodal.
La Révolution mit fin à l’Ancien Régime avec l’abolition de certains privilèges et l’attribution de droits aux citoyens : de propriété, de perception des impôts, d’élections de leurs représentants, de circulation et à l’instruction (ouverture d’écoles). Les fiefs furent démantelés et cédés… c’est ainsi que des vignerons pourront acheter la terre qu’ils travaillaient depuis longtemps. Leur savoir-faire associé à de bonnes années a favorisé des rendements de qualité et leur vin de réputation, porté par les « gabares » sur la Loire atteint PARIS.
De plus, nombre vignerons du Beaujolais et gros propriétaires acheminèrent leurs tonneaux sur des attelages jusqu’à ST NIZIER pour les embarquer au port de Boitasson à destination de PARIS ou de la Flandre. Si la Loire avait un débit trop faible ou trop élevé, les tonneaux étaient entreposés dans les caves de Beauvernay, du Prieuré ou de Pierrefay. Dans les prés qui longent le Sornin et la Loire, des bœufs charollais étaient mis à l’engrais et les jours de foire, les « toucheurs » n’hésitaient pas à emmener en pleine nuit les bêtes prêtes à vendre à 20 ou 30 kilomètres avec le secours d’un bon chien !

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